Sud Lipez, entre lagunes et tempêtes de sable

« On vous paie combien pour faire ce voyage ? » – petite mamie de Huachacalla, qui n’a pas sa langue dans la poche.
« Pourquoi est ce que vous vous infligez un tel supplice ? » – bolivienne croisée dans le sud Lipez.
« Jamais je n’oserais faire ça en vélo » – guide touristique, rencontré à Uyuni.

La région du sud Lipez, parfaitement désertique, hostile et inhospitalière, est réputée pour être aussi belle qu’elle est difficile à parcourir en vélo. Or, il y a 10 ans, Laetitia s’était sentie dans le plus bel endroit du monde… A l’époque, elle n’avait pas imaginé revenir sur ses pistes défoncées en vélo !

L’étape est bien préparée. Comme la majorité des cyclotouristes, nous la voyons comme un temps fort de notre voyage, et savons qu’elle est aussi un énorme challenge.
Même Laetitia s’implique dans l’organisation : nous lisons de nombreux blogs, nous récupérons des informations sur les kilométrages, l’état des pistes, les points d’eau et de bivouacs. Nous faisons aussi un détour par Uyuni, la grande ville touristique, pour nous requinquer avant de tenter l’aventure.

Malgré tout, rien ne pouvait nous préparer à ce pays extrême, saturé de contrastes.
Le vent, censé se lever en début d’après midi, est constant à cette époque de l’année. Dès le matin, il nous malmène. Il soulève la poussière, nous fouette le visage, nous ralentit et nous jette dans le sable. Le matin, reposés, nous lui tenons tête, mais en fin d’après midi, c’en est trop. David en a les larmes aux yeux et désespère de boucler l’étape.
Le froid nous glace les os. La température ressentie atteint les -20°C, et la neige nous rend visite une journée. Nous roulons avec toutes nos couches, en doudoune et GoreTex.
La chaleur se trouve ailleurs. Les Boliviens sont rudes, mais nos difficultés face aux éléments font écho en eux. Et quand la glace est brisée, ils nous accueillent à bras ouverts. Leur générosité nous a touchés plus d’une fois.
L’eau aussi peut nous réchauffer. En fin de journée, nous admirons un coucher de soleil sur une lagune, en maillot de bain, immergés jusqu’au cou dans une source d’eau chaude.
Les lagunes, quant à elles, rivalisent d’originalité. Chacune a sa propre couleur, du bleu turquoise au rouge, en passant par le vert émeraude ou le blanc. Et pour rajouter plus de fantaisie, les flamants roses nous régalent de leur présence en grand nombre. Nous sommes émerveillés.

Si nous sommes heureux de découvrir ces paysages avec Tortuga, nous nous sentons complètement inadaptés: le souffle court, à plus de 4000 mètres d’altitude, et chargés comme des mulets. Nous sommes alourdis par des litres d’eau potable et 10 jours de nourriture, lyophilisée et très vite insipide.
Ces conditions nous empêchent de profiter pleinement de la beauté exceptionnelle de la région, et nous roulons rapidement pour écourter le circuit.

Enfin, le Sud Lipez est fini. Cela restera un moment à part dans ce voyage, avec un Avant et un Après. De très bons souvenirs, et surtout une très grande fierté de ce que nous avons fait ensemble. Nous nous sentons maintenant capables d’affronter toutes les routes de la terre !

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13 commentaires pour Sud Lipez, entre lagunes et tempêtes de sable

  1. Bentegeat dit :

    Toujours aussi merveilleux et dépaysant!!
    Super ce voyage!!
    Merci pour les commentaires et photos

  2. photoleon1 dit :

    Je veux y aller ! Eric

  3. erick dit :

    Alors là, chapeau bas…
    je ne vous savais pas aussi fous, j’adore cette folie.
    biz

  4. i2kaz dit :

    Nous pensons bien à vous.
    Que de belles aventures!
    Ici les grues sont passées…nous allons avoir un froid sans doute moins intense que pour vous mais l’automne est bien là.
    Nous vous embrassons bien fort.
    Isabelle

  5. Cousin-Maillet#6 dit :

    Je cherche le superlatif des superlatifs dans mon dico pour qualifier votre voyage et ce que vous nous faites vivre . Je ne le trouve pas , forcement vous êtes en train de l’inventer.
    Belle leçon

  6. Patrick MAILLET dit :

    Respect ! Admiration ! Magnifique !
    Bises de Vineuil, Oise, France, Europe.
    Patrick.

  7. Cousin-Maillet#6 dit :

    Je cherche le superlatif des superlatifs dans mon dico pour qualifier votre voyage et ce que vous nous faites vivre ; je ne le trouve pas . Normal vous êtes en train de l’inventer .
    Quelle Belle leçon

  8. J-Phi dit :

    nous restons sans voix. Vous etes des fortiches. La force de l’amour

  9. J-Phi dit :

    faites un saut au Brésil, la transat Jaques Fabre vient d’arriver. il y a des bateaux a skipper pour revenir en France

  10. lefebvre dit :

    toujours admiratif pour vos exploits,nous vous suivons dans vos périples.Que de choses à nous conter .Mille fois bravo.

  11. Manon dit :

    J’en avais déjà entendu parlé de ce desert. Mais il avait été fait en voiture haha !
    Bien joué !

  12. herve dit :

    Bluffant…. quells paysages !
    Ce que vous avez vecu, meme si tres dur – c’est le moins qu’on puisse dire… – temoigne de la beaute de la creation et de la force de l’amour. Go !

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