La Carretera Austral à 3 plumes

La Patagonie sous l’eau
La Patagonie est une terre dont l’eau est l’élément central, sous forme de pluie, de ruisseaux, de cascades ou même de fjords.
Au nord de la route, pendant nos premiers jours avec Claire, nous payons cher cette omniprésence. Pluies diluviennes, crachins bretons, draches nordiques, ou bruines anglaises, nous subissons tout un éventail de précipitations. A tel point que nous restons une journée autour d’un poêle, pour éviter d’être trempés jusqu’à la moelle.
Heureusement, plus au sud, l’eau nous apparaît sous des formes plus agréables. Nous longeons des fleuves aux couleurs turquoises, propices aux bivouacs. Nous buvons à même les rivières, car l’eau est ici potable, avec un goût sucré parait-il.
Les lacs, sans une once de pollution, abritent des poissons à foison. Pourtant, nous n’en verrons pas l’ombre d’une écaille : le produit de la pêche ne reste pas en Patagonie, mais est exporté. Il ne reste dans les magasins locaux que du saumon surgelé ou du thon en boîte, qui agrémentent nos salades.

Immersion au coeur d’une nature brute
La flore de ce printemps patagon se pare de mille couleurs, pour notre plus grand plaisir. Qui n’est pas daltonien se régale de contrastes marqués, grâce aux sommets enneigés et forêts verdoyantes, entrecoupées de plaines tapissées de fleurs rouges, jaunes ou mauves.
Nous partageons la route avec la faune locale, lièvres, canards, sans oublier les vaches et moutons d’élevage qui s’échappent de leur enclos.
Les oiseaux nous accompagnent. Les plus grands d’entre eux, les condors, nous font grâce de leur présence quotidienne. Nous qui n’osions espérer en apercevoir, nous sommes maintenant habitués… Plus rare, nous nous retrouvons face à un huemul, cervidé andin en voie de disparition. Il semble aussi curieux que nous.

Une terre isolée
Le charme des paysages est accentué par la difficulté d’accès. On aperçoit au loin des vallées entièrement inaccessibles, complètement vierges de toute marque humaine. Claire et David rêveraient de chausser leurs skis de randonnée, mais les marches d’approche dureraient plusieurs jours ! Cela rend ces lieux d’autant plus attirants et mystérieux.
La carretera est une terre protégée de l’afflux massif de touristes et n’en subit pas les conséquences en terme d’infrastructure. Les routes sont en terre, très peu d’hôtels y sont implantés. La majorité des vacanciers voyage comme nous à vélo, fait du camping sauvage, et ne laisse pas de trace de son passage.
Cet isolement nous fascine, mais comporte cependant quelques contreparties.
L’accès à l’information est limité. Nous découvrons avec 2 jours de retard les attentats de Paris par la bouche d’un cyclotouriste américain. Il nous faudra une journée supplémentaire pour consulter internet et être rassurés sur le sort de nos familles.
Les produits périssables arrivent difficilement au Sud, et nous sommes heureux de parfois trouver dans les magasins quelques fruits et légumes.

Un peuple attachant
Au début du siècle, les premiers habitants sont des européens à la recherche de leur « terre promise ». Aujourd’hui, grâce à la création de la route qui désenclave la région, de nombreux Chiliens émigrent.
Ici, l’homme est tributaire des éléments qu’il a appris à respecter. Il est fin écologiste, et protège activement son environnement. Ainsi, un projet de barrages hydro-électriques fait couler beaucoup d’encre et déchaine les foules.
Ce rapport aux éléments rend le Patagon patient. « Quien se da prisa pierde el tiempo » (qui se hâte perd son temps). Il en résulte une vie plaisible et lente, sans stress.
Nous rencontrons principalement des Patagons de 1e génération. Ils nous ouvrent facilement leur porte, sont curieux et enthousiastes de tout. Claire découvre le warmshower, une casa de ciclista, et les invitations qui se font au décours de la conversation. Ici encore, nous réalisons que l’Homme en Amérique du Sud a un grand sens de l’hospitalité.

Une nouvelle forme de voyage
Nous voyageons désormais à 3. Nous modifions notre routine, et Claire trouve rapidement sa place. Elle qui avait peur de ne pas suivre le rythme est surprise que son vélo, Vachette, prenne régulièrement la première place sur le bitume ou dans les côtes.
Nous allongeons nos pauses et cuisinons chaque repas au réchaud, maintenant partagé en portions égales. Claire mange autant que David, qui est déçu de ne plus avoir la part du roi (roi David).
Cette parenthèse est l’occasion de resserrer les liens, et de renforcer notre idée: « Claire, c’est notre pote ! »
Nous finissons la route tout en douceur. Il est maintenant temps de partir à l’assaut des grands parcs du sud du continent !

 

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8 commentaires pour La Carretera Austral à 3 plumes

  1. Loïc et Isa Bentégeat dit :

    quelle joie de partager vos impressions de Patagonie…depuis le début de votre voyage, nous vous suivions avec grande attention, mais là, nous connaissons puisque nous étions allés à El calafate et à El Chalten au moment du mariage de notre fils Marc !mais vous ne parlez pas du glacier Perito Moreno ? est-ce que vous y êtes allés ?je crois maintenant que le retour s’approche et que vous allez passer Noël avec toute votre famille ! que de récits à partager…on vous embrasse bien fortLoïc et Isabelle

  2. erick dit :

    ce sont encore et toujours de magnifiques images que vous nous offrez!
    vous devez maintenant avoir des jambes d’acier?
    merci pour ces très belles situations que nous vivons un peu avec vous grâce au site
    biss

  3. lepueblo dit :

    Superbe! La région de mon cœur!
    Cet arbre de pierre fait complètement rêver!
    J’ai hâte de lire la suite et les aventures au parc de Torres del Paine!

    On pense très fort à vous et on vous lit régulièrement! Merci pour tous ces beaux partages!

    A très très vite!

  4. baubion dit :

    on vous suit toujours pas à pas ou plutot roue à roue!!!
    merci encore
    françoise baubion serville

  5. Aurélie dit :

    Ca a l’air trop classe, jolies couleurs changeantes de l’eau !

  6. philippe hauzanneau dit :

    je suis votre voyage au fil de votre blog, continuez, on voyage avec vous.
    et bonjour à Claire que j’ai eu le plaisir de rencontrer cet été.
    Biz à vous 3

  7. Christiana dit :

    bisexuality is often more misunderstood in the mainstream than homsexuality so you cannot expect to see it represented right in games.As a heterosexual supporting openess I would like to see some &#;&#08pure228221; homosexual npc and I would love adequate dialog options. “I am flattered but you are not my “type” ” as well as “I never thought to find someone like me here” (or etc.). Unless we cannot get those things, please leave the phonys at home.That said, Dragon Age rocks^^

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